Le projet associatif
Le projet associatif de l’ASM 13, qui couvre la période 2009-2013, a été adopté par les instances de l’association au terme d’un processus d’élaboration et de débats dans lesquels les équipes se sont trouvées fortement impliquées
Il a été élaboré aussitôt après le grand congrès qui, sous le nom : « Le souci de l’humain. Un défi pour la psychiatrie », a marqué, en 2008, les cinquante ans de notre association. Il arrive donc à point nommé pour illustrer et mettre en actes les principales conclusions de cette rencontre. Trois points sont à souligner.
- Le premier point est que, cinquante ans après son invention, le secteur psychiatrique apparaît comme un outil pertinent pour les soins psychologiques et psychiatriques que nécessite une population donnée ; il apparaît donc comme une avancée toujours remarquable en termes de santé publique. En tant qu’outil de travail, il semble le plus à même d’assurer les deux piliers sur lesquels repose le traitement des pathologies psychiatriques au long cours, à savoir la continuité des soins et la proximité.
la continuité assure la mise en lien du patient avec sa propre histoire, à l’encontre des brisures et donc des effets de répétition qui caractérisent certaines pathologies psychiatriques, notamment psychotiques.
la proximité, assure des actions d’intervention rapide et de prévention, et de ce fait étend sa pertinence au-delà des seules pathologies psychotiques : ces deux dernières années, la multiplication des pathologies du lien interpersonnel et social et leur manifestation dramatique a montré tout l’intérêt de disposer d’équipes de proximité, à même d’accueillir rapidement la personne en situation de crise et d’amorcer un travail de reprise en main du débordement émotionnel par les processus de pensée. - Le deuxième point est l’ancrage dans la communauté. Tout comme les fondateurs l’avaient affirmé, et avaient commencé à le mettre en œuvre, la psychiatrie de secteur est inconcevable sans une solide implantation dans le tissu social dans lequel elle opère. Ecoles, collèges, lycées ou universités – foyers d’hébergement de toute sorte – différents organismes de logement social – autorités locales (mairie, commissariat) et associations diverses, tous ces réseaux et institutions concernent, et sont concernés, par le travail des équipes de santé mentale d’un secteur psychiatrique. A quoi se sont ajoutés, ces deux ou trois dernières décennies, d’autres partenaires tout aussi essentiels : les associations d’usagers et de leurs familles, un tissu désormais dense de médecins généralistes et de psychiatres ou pédiatres privés, d’autres associations opérant dans le champ de la santé mentale, des hôpitaux publics… Si la psychiatrie de secteur a pu naître, il y a cinquante ans, dans un relatif désert quant à l’offre de soins psychiatriques et d’accompagnement psychologique, la situation d’aujourd’hui n’est plus la même, et l’exercice d’une politique de réseaux et de partenariats fait désormais partie intégrante de son action.
- Enfin, le troisième point est celui de la nécessaire diversité et diversification. Le présent projet est caractéristique de cet impératif. Offrir des soins à tous ne doit pas signifier qu’il faut offrir les mêmes soins à tout un chacun. Prendre en compte la différence, les demandes et besoins divergeants, penser à chacun à partir de sa particularité – particularité de sa pathologie et de sa personnalité, de sa situation familiale et sociale, mais aussi particularité du moment de sa vie où il fait appel à nous – nous conduit à imaginer des modalités et des structures de soins complexes, multiples, très loin de toute logique normative et applicable au plus grand nombre. C’est aussi la raison pour laquelle notre association est restée ouverte au développement de modalités d’accueil qu’elle n’avait pas auparavant (par exemple, le développement d’un département médico-social), ou encore elle s’est montrée accueillante pour intégrer d’autres structures de soins, qui partagent les mêmes idéaux et principes éthiques qu’elle.
L’ASM 13 poursuit son ouverture à des partenariats avec des établissements ou associations étrangères oeuvrant dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale.
La mise en œuvre des différents objectifs ne peut pas se faire sans un regard attentif sur l’organisation même de l’association et sur les femmes et les hommes qui l’animent. A cet effet, le projet associatif intègre également :
- Un projet social rénové, participatif et dynamique
- Un engagement dans une démarche de développement durable
- La mise en œuvre d’une politique qualité en harmonie avec nos valeurs et nos savoir-faire
- La rénovation et la modernisation des espaces d’accueil et de séjour des patients et résidents ainsi que des espaces de travail des salariés
Ce projet a pris en compte les évolutions nécessaires des statuts de l’ASM 13, de la composition de ses instances délibératives et d’une réflexion sur une évolution de la vie associative.
Un élément commun traverse sans doute ces différents points : le goût du débat, du questionnement et de l’approfondissement des connaissances, seul garant, en dernière instance, de notre capacité d’innovation et de changement. La psychiatrie est loin d’être une discipline « close » – y en aurait-il, d’ailleurs, dans le champ de la médecine ? Accepter ce fait, à savoir qu’elle reste fondamentalement ouverte, c’est associer à la nécessaire humilité l’envie de mieux comprendre pour mieux soigner.
Docteur Vassilis Kapsambelis
Directeur général de l’ASM 13
La semaine d’information sur la santé mentale
Table ronde organisée par l’ASM 13 le mardi 13 mars 2012 à 18h et conférence le jeudi 15 mars à 10h à la Mairie du 13e arrondissement de Paris, dans la salle d’attente des mariages
